Le projet annoncé cet été par le Japon de capter les rayons de soleil grâce à des panneaux solaires flottant dans l’espace, afin de produire de l’électricité sur Terre, a relancé le débat sur les centrales solaires orbitales. Est-ce qu’un tel projet serait réalisable ? Serait-il vraiment rentable ? Et quels en sont les risques ?

centrales solaires orbitales
          Schéma d’une CSO par Le Figaro.fr

Le principe des centrales solaires orbitales (CSO) est assez simple et intuitif : une sorte de satellite placé en orbite haute dans l’espace, en vue de récolter de l’énergie solaire. Captée grâce à un jeu de miroirs par de gigantesques panneaux solaires, cette énergie serait transmise par laser ou micro-ondes à des centrales terrestres. L’électricité ainsi produite pourra compléter celle du réseau actuel.

L’avantage par rapport à la technologie photovoltaïque standard ? Chaque panneau solaire placé en orbite sera capable d’absorber l’énergie du soleil sans interruption. En effet, il ne subira pas le cycle jour/nuit, ni les saisons ou les intempéries. De quoi régler le fameux problème d’intermittence que l’on reproche (parfois abusivement) à la plupart des énergies renouvelables, dont l’éolien et le solaire.

Le concept ne date pas d’hier : le scientifique Peter Glaser a présenté l’idée dès 1968, suscitant l’intérêt du Département de l’Énergie américain. Durant quelques décennies, le projet a été analysé (et contre-analysé…) par la NASA ainsi que d’autres laboratoires, sans que sa viabilité technique et économique ne soit pleinement démontrée. Mais dans les dix dernières années, alors que les prix du pétrole atteignaient des records et que les technologies de panneaux solaires connaissaient une progression rapide, l’idée a été ressortie des tiroirs. La Russie, l’Europe (via Airbus), la Chine et le Japon ont ainsi entamé des projets de centrales solaires orbitales.

Des risques importants… et inutiles ?

Cette accélération semble avoir convaincu les industriels de la faisabilité des centrales solaires orbitales. Pour peu que les stations réceptrices sur Terre soient suffisamment larges (plusieurs dizaines de km2), la transmission d’énergie par micro-ondes ne devrait pas occasionner de risques pour les populations. Mais il faut aussi compter avec les difficultés de maintenance, le risque de débris spatiaux, l’encombrement de l’orbite géostationnaire par les satellites existants… de vrais défis qui restent encore à relever.

Surtout, le concept de centrales solaires orbitales se heurte à la question de la rentabilité. Le projet de l’Agence spatiale japonaise ne serait viable, de son propre aveu, qu’à partir de 140 de dollars le baril. Une perspective crédible (ce seuil a été dépassé en 2008) mais loin d’être certaine, alors que l’industrie pétrolière reste engluée ces derniers mois dans des prix bas, entre 40 et 60 dollars le baril.

Il suffirait de couvrir la surface rouge de panneaux solaires pour alimenter
Il suffirait de couvrir ces surfaces rouges de panneaux solaires pour alimenter en électricité le monde entier (Welt, à gauche), l’Union Européenne (EU 25, centre) ou l’Allemagne (D, à droite).

Bref, étant donné les progrès réalisés dans l’exploitation de panneaux solaires « classiques » et le stockage de l’énergie, a-t-on vraiment besoin des centrales solaires orbitales ? Le Sud-africain Elon Musk, entrepreneur à succès dans l’industrie spatiale et l’énergie solaire, n’en est pas convaincu du tout. Il aimerait même que l’on « poignarde [cette idée]  dans le cœur » !

Sans aller jusque-là, et sans vivre dans le Sahara vous pouvez vous aussi – dès aujourd’hui – exploiter le gisement solaire disponible sur notre bonne veille planète Terre    🙂