Les kits solaires prépayés sans engagement gagnent de plus en plus de terrain en Afrique. En plus d’être une solution accessible à tous, ces kits solaires permettent aux Africains vivant en dehors du réseau électrique d’améliorer considérablement leur qualité de vie.

Imagineriez-vous passer une journée sans électricité ? Elle permet aujourd’hui de se chauffer, de faire à manger… mais aussi de travailler et de se cultiver. Pourtant, seule une personne sur 6 en Afrique subsaharienne y a accès.

Pour les populations vivant en dehors du réseau électrique, les lampes à pétrole sont la principale source d’éclairage. Il s’agit malheureusement d’une technologie coûteuse et dangereuse : extrêmement inflammable, le pétrole est aussi très toxique à respirer. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que respirer sa fumée équivaut à fumer deux paquets de cigarettes par jour. Preuve du dégât sanitaire: deux-tiers des femmes atteintes du cancer du poumon dans les pays en voie de développement ne fument pas. D’un point de vue environnemental, brûler du pétrole produit 190 millions de tonnes d’émissions annuelles de CO2, selon des études menées par le Berkeley Laboratory de l’Université de Californie.

En France, l’électricité coûte environ 15 centimes du kilowatt-heure (kWh). Pour le villageois des régions rurales du Kenya ou du Rwanda qui s’éclaire au pétrole, c’est l’équivalent de 8 euros par kWh. Résultat, jusqu’à 30 % du budget moyen d’une famille y est consacré. 

La plupart des gens en Afrique de l’Est vivent sans électricité. Data: IEA, World Energy Outlook 2015

De nombreuses solutions existent

L’Africain moyen consomme en cinq ans autant d’électricité qu’un Français en un mois. Dans les zones rurales, la perspective d’être relié un jour au réseau d’électricité paraît bien lointaine. Installer un système photovoltaïque complet pourrait être une solution, mais peu de familles peuvent se permettre d’effectuer d’un coup une telle dépense. 

Avec un kit solaire prépayé, le client paye un coût initial avoisinant les 10 euros en échange d’un petit panneau solaire de deux à cinq watts et d’une unité de contrôle avec batterie, qui alimente les lumières LED et charge les appareils tels que les téléphones portables. Il paye ensuite pour le courant dès qu’il en a besoin ou dès qu’il le peut (après une récolte réussie, par exemple). Une fois que le système a été complètement amorti – il faut en général moins de 18 mois – le kit solaire peut être utilisé gratuitement par son propriétaire. Grâce à ce système, les clients économisent plus de 50% de leurs dépenses liées à l’électricité.

Deux entreprises sont particulièrement investies sur ce créneau. Azuri a mis en place un système de cartes à gratter, contenant un code permettant de déverrouiller son kit solaire et de charger la batterie.  Off Grid utilise pour sa part le même modèle prépayé que celui utilisé avec succès par les compagnies téléphoniques africaines. Les clients paient 6€ de frais d’installation pour un kit solaire, qui est débloqué dès que le client ajoute du crédit grâce à une plate-forme mobile.

Un succès important à travers toute l’Afrique

Azuri a remporté le prestigieux prix des Nations Unies pour le changement climatique lors de la COP21 à Paris, et a été distinguée en tant qu’initiative mobilisant avec succès les financements en faveur du climat. Off Grid, de son côté, relie 50 000 ménages par mois en Afrique et veut à éclairer 1 million de foyers tanzaniens d’ici 2017, soit environ 10% du pays. Off Grid couvre également un quart du Rwanda et espère couvrir tout le pays d’ici la fin de l’année. L’an dernier, Solar City et Elon Musk ont fait parti d’un investissement de 25 millions de dollars pour cette start-up basée à San Francisco.

Une telle solution est compatible de pays en pays. Les distributeurs des kits solaires peuvent accéder à chaque population en travaillant avec des partenaires locaux. D’un point de vue marketing, le bouche-à-oreille s’avère généralement très efficace – une fois qu’une famille adopte avec succès le système, les voisins suivent. Une chose est sûre : s’il faudra encore quelques années pour que le solaire soit compétitif sans subventions en France, il est dès maintenant l’option la moins chère pour une importante partie de la population africaine.

Pris la nuit, ce cliché satellite montre bien l’étendue des efforts à accomplir pour électrifier toute l’Afrique (et paradoxalement réduire le gaspillage énergétique par pollution lumineuse dans les autres pays)
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