Bien qu’elle n’ait pas été au cœur de tous les débats, la transition écologique est l’un des défis majeurs qu’aura à relever le ou la futur(e) locataire de l’Elysée.

 

Malgré leur importance capitale pour l’avenir de la France et de notre planète, les énergies renouvelables n’ont pas été au centre des débats durant la première partie de nos élections présidentielles. En attendant le second tour, nous vous proposons de faire un point sur la place qui leur est accordée dans les programmes des deux candidats : Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Les énergies renouvelables sont des sources d’énergies dont le renouvellement naturel est relativement rapide à l’échelle temporelle humaine. Elles peuvent être ainsi considérées comme inépuisables, même si les instruments permettant de les transformer (panneaux solaires photovoltaïques, éoliennes, etc.) ne le sont pas.

Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, l’eau ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets. Les panneaux solaires, en particulier, sont recyclables à plus de 90 % en moyenne. Leurs effets bénéfiques sont multiples :

  • Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère.
  • Elles facilitent la gestion raisonnée des ressources locales.
  • Enfin, elles génèrent massivement des emplois. Un avantage particulièrement précieux lorsque l’on sait à quel point la création d’emplois préoccupe les électeurs français.

Les énergies renouvelables, opportunité nationale et enjeu mondial

La France est le 10e pays ayant l’empreinte écologique la plus forte sur Terre, plaçant le pays en situation de déficit écologique. Pour être plus clair, cela signifie que l’empreinte écologique de la population française dépasse la biocapacité de notre territoire. Précisons également que si la population mondiale vivait comme les Français, il faudrait 3 planètes pour satisfaire notre demande en ressources naturelles. Sans oublier qu’aujourd’hui, environ 40 millions de Français respirent un air pollué.

Bien entendu, la problématique écologique ne s’arrête pas à nos frontières. Les dimensions économiques et énergétiques en font même une urgence mondiale. L’ONU prévoit en effet que 250 millions de personnes seront, d’ici 2050, des « réfugiés climatiques », forcés de s’exiler à cause des bouleversements du climat (inondations violentes, typhons meurtriers, assèchement de points d’eau, montée du niveau de la mer…).

Autant de raisons qui justifieraient un positionnement ambitieux des deux prétendants restants à la fonction présidentielle. Qu’en est-il dans les faits ?

 

Emmanuel Macron et les énergies renouvelables

 

Nous avons retenu 6 propositions dans le projet du candidat d’En Marche ! :

  • Baisse de la part de l’énergie nucléaire à 50% du mix électrique français en 2025 ;
  • Fermeture de toutes les centrales à charbon existant encore d’ici à 2022 ;
  • Doublement de la capacité en éolien et en solaire photovoltaïques d’ici à 2022. Ce qui correspond à une augmentation de la production d’énergies renouvelables de 32TWh ;
  • Accélération du déploiement des bornes de recharge pour les véhicules électriques ;
  • Fermeture de la centrale de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR de Flamanville ;
  • Attente des conclusions de l’ASR (l’Autorité de Sûreté Nucléaire) afin de décider ou de la prolongation des centrales nucléaires.

Ces propositions s’inscrivent dans la continuité des engagements du gouvernement actuel. Pour rappel, la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français figure dans la loi sur la transition énergétique de 2015, et la fermeture des centrales à charbon avait été annoncée par notre président actuel pendant la COP22. Les engagements d’Emmanuel Macron sur le développement des renouvelables sont en revanche plus modestes que l’existant : la loi de transition énergétique visait à « plus que doubler » la puissance installée des éoliennes terrestres et plus que tripler la puissance installée du parc solaire photovoltaïque. 

Au-delà des objectifs, les moyens mis en oeuvre ont aussi leur importance. Selon son conseiller pour l’écologie, Matthieu Orphelin (cité dans Le Monde), la « marque de fabrique » d’Emmanuel Macron n’est justement pas de fixer des objectifs mais « de les atteindre vraiment ». De ce point de vue, le candidat veut encourager l’investissement privé afin de mobiliser 30 milliards d’euros, et prévoit 15 milliards d’euros d’investissement public.

Il souhaite également raccourcir et simplifier drastiquement les procédures de déploiement des énergies renouvelables. Ce qui serait potentiellement une très bonne nouvelle pour toutes les personnes souhaitant adopter l’énergie solaire, via la vente totale ou l’autoconsommation avec vente du surplus de production d’électricité.

Enfin, le candidat d’En Marche ! veut cibler les efforts de recherche et de développement sur le stockage de l’énergie et les réseaux électriques intelligents. Pouvons-nous donc rêver de batteries made in France de qualité et à un prix abordable ?

Marine Le Pen et les énergies renouvelables

Nous avons également retenu 6 propositions  dans le programme de la candidate du Front National :

  • Décret d’un moratoire sur l’éolien,
  • Soutien de la recherche et développement de la filière hydrogène,
  • Refus de la fermeture de la centrale de Fessenheim,
  • Développement massif des filières françaises des énergies renouvelables,
  • Lutte contre la précarité énergétique,
  • Modernisation et sécurisation de la filière nucléaire.

La candidate frontiste souhaite lancer la seconde transition énergétique française. Elle a pour objectif de porter la part des énergies renouvelables de 15% en 2014 à 23% de la consommation finale d’énergie en 2020 puis 32% en 2030. Plus précisément, les renouvelables représenteraient en 2030 : 40% de la production d’électricité ; 38% de la consommation finale de chaleur ; 15% de la consommation finale de carburant ; et enfin 10% de la consommation de gaz.

Pour y parvenir, Marine Le Pen ne souhaite pas pour autant abandonner le nucléaire. Selon elle, il est irréaliste de réduire simultanément l’usage du nucléaire et des énergies fossiles. La priorité doit donc  être l’élimination des fossiles. Marine Le Pen veut accélérer la transition écologique grâce à un « protectionnisme intelligent, au patriotisme économique, à l’investissement public et privé et aux commandes d’EDF » se traduisant par la réorientation des subventions et des financements publics vers les équipements produits en France.

 

Quel futur énergétique après ce nouveau quinquennat ?

Nous pouvons faire un constat simple : les propositions des deux candidats montrent une volonté de développer les énergies renouvelables. Ce sujet fait l’objet d’un consensus grandissant sur l’ensemble du spectre politique français, ce qui constitue indéniablement une bonne nouvelle.

Néanmoins, les programmes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen auraient mérité d’être davantage détaillés sur les mesures concrètes à mettre en oeuvre. Etant donné la période charnière dans laquelle se trouve notre modèle énergétique, les candidats auraient pu conférer aux renouvelables une place plus centrale dans leur projet politique. Espérons qu’au contact de la réalité du pouvoir – et notamment des recommandations des scientifiques face au péril climatique – le ou la futur locataire de l’Elysée s’engage encore plus fortement dans la transition énergétique.

La conviction d’In Sun We Trust est que l’énergie solaire (photovoltaïque, thermique et aérovoltaïque) est une solution d’avenir, qui s’est déjà imposée dans de nombreux pays. L’Etat doit continuer d’accompagner cette filière vers sa pleine maturité technologique et économique.

Néanmoins, chaque Français(e) peut sans attendre prendre place dans la révolution solaire. Indépendamment de votre décision le 7 mai prochain, vous pouvez dès aujourd’hui reprendre le contrôle sur votre consommation énergétique en produisant et en consommant votre propre électricité.

Faites une simulation et découvrez si le solaire est fait pour vous

 

Sources :

Facebook Comments