Augmentation du Prix de L’Électricité en 2019 :

Comment se Protéger ?

(Guide 2019)

 

par Yann.
Dernière mise à jour le 13/05/2019
Durée : 10 mins
Augmentation Prix Électricité 2019 | Comment se Protéger ?
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Une nouvelle augmentation du prix de l’électricité, de 5.9 %, entrera en vigueur en juin prochain.

Comme on pouvait s’y attendre, le gel temporaire du prix de l’électricité n’aura duré que l’hiver.

Et la hausse des prix de l’électricité n’est pas près de s’arrêter

En cause ?

L’explosion du prix de l’électricité issue du nucléaire, l’endettement croissant d’EDF, ou plus étonnamment, l’ouverture à la concurrence.

Comment agir pour vous protéger contre cette hausse ?

Nous répondons à toutes vos questions dans cet article.

 

CHAPITRE 1 :

La hausse des prix de l’électricité est déjà une réalité

 

Une hausse de 6 % en juin 2019


Vous en avez forcément entendu parler : une nouvelle hausse de 5,9 % est prévue au 1er juin 2019.

Concernée par cette hausse ?

Le Tarif de Vente Réglementé (autrement appelé TRV). Il s’agit du tarif qui est proposé par EDF au travers de son offre tarif bleu.

Pourtant, en plein cœur du mouvement des « gilets jaunes » et pour limiter l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, Edouard Philippe avait annoncé ne pas appliquer la hausse du prix de l’électricité demandée par la Commission de Régulation de l’Énergie.

La période de « chauffe hivernale » arrivant à son terme et devant la pression des concurrents du premier énergéticien français (EDF), l’État ne peut plus reculer.

Résultat ?

Une nouvelle hausse du prix de l’électricité.

 

 

Un rattrapage systématique du gel des prix


Il est arrivé plusieurs fois par le passé que le gouvernement gèle le prix de l’électricité.

Comment est-ce possible ?

Le gouvernement a le pouvoir de refuser les hausses de prix recommandées par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), notre gendarme du marché de l’énergie.

De cette manière, il répond aux demandes répétées des associations de défense du consommateur.

Mais les concurrents d’EDF voient d’un mauvais œil le gel du prix du tarif réglementé.

Pourquoi ?
Simplement car il les empêche d’augmenter leur prix sous peine de voir leurs clients fuir chez EDF !

Regroupés au sein de l’Anode (l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie), ils ont saisi la justice plusieurs fois par le passé pour contester de telles pratiques.

En 2014, Ségolène Royal, à l’époque ministre de l’Écologie, s’était déjà pris les pieds dans le tapis en annulant la décision d’augmenter de 5 % les tarifs réglementés (bleus).

Deux ans après, en juin 2016, le Conseil d’État avait à son tour annulé le décret de Ségolène Royal.

Résultat ?

Une augmentation rétroactive des tarifs EDF pendant 18 mois.

Vous faisiez partie des 28 millions d’abonnés aux offres EDF ?

Vous avez en moyenne dépensé 1,5 € par mois pendant 18 mois pour rattraper le gel du prix de l’électricité.

 

Par ailleurs, les concurrents d’EDF ne sont pas les seuls à protester contre le gel du prix de l’électricité.

EDF aussi préférerait ne pas voir les tarifs de vente stagner.

La raison ? A cause de ses dettes abyssales, les comptes de l’énergéticien sont dans le rouge.

Une halte dans la hausse du tarif réglementé signifie donc une réduction de sa marge.

 

conseil d'état gel prix électricité

 

En définitive, quand la CRE demande une hausse des prix et que le gouvernement la refuse, elle n’est que repoussée dans le temps.

Pire, lorsqu’elle s’applique effectivement, il peut y avoir un effet de rattrapage et la hausse est encore plus brutale sur votre facture.

 

 

CHAPITRE 2 :

Pourquoi la hausse des prix de l’électricité est-elle inévitable ?

 

Le coût de production de l’électricité issue du nucléaire va exploser


Depuis de nombreuses années, l’idée que l’électricité issue du nucléaire est bon marché est solidement ancrée dans l’inconscient collectif.

Or c’est faux.

La raison ? Seuls les investissements passés et présents pour la construction et l’entretien des centrales sont pris en compte.  Les investissements futurs sont très largement sous-estimés alors qu’ils sont colossaux, comme nous allons le voir.

L’élément déclencheur d’une nouvelle prise de conscience a été l’explosion à la centrale de Fukushima Daishi il y a un peu plus de 8 ans.

Les conséquences d’un accident nucléaire majeur sont catastrophiques et ont des répercussions à l’échelle mondiale, sur des dizaines de milliers d’années.

C’est pourquoi l’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN), gendarme français du nucléaire, a été contrainte de se pencher sur la question de la sécurité du parc nucléaire de l’Hexagone.

Elle a donc préconisé un certain nombre de mesures pour améliorer la sécurité des centrales et éviter qu’un tel désastre se produise en France.

Coût de la remise aux normes post-Fukushima ? Selon EDF, pas moins de 10 milliards d’euros.

Ce serait même deux fois plus si l’on appliquait les normes de sécurité du nouvel EPR.

 

centrale nucléaire coût production électricité

 

Mais ce n’est pas tout.

Lorsque les premiers réacteurs nucléaires ont été conçus, on ne s’était pas embarrassé d’un détail : celui de leur durée de vie.

Or elle ne dépasse pas 40 ans.

Certains composants stratégiques ne pourront même jamais être changés (comme la cuve ou la piscine de refroidissement).

EDF a donc mis au point un plan, le « grand carénage », pour mettre à niveau et étendre la durée de vie du parc nucléaire à 60 ans (il inclue également la mise aux normes de sécurité post-Fukushima).

Selon EDF, ce grand carénage coûtera 55 milliards d’euros sur 15 ans.

Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce montant, pourtant déjà très salé.

Pour la Cour des Comptes, il avoisinera plutôt les 100 milliards d’euros sur 20 ans.

Quant à Greenpeace, elle avance le montant titanesque de 224 milliards.

Au-delà d’une simple bataille de chiffres, le constat est sans appel :

Déjà lourdement impacté par des dettes qui ne cessent de s’aggraver, EDF n’est pas assez robuste pour supporter le coût titanesque du plus grand chantier de son histoire.

 

C’est donc le consommateur qui paiera le gros de la facture !

Et cette dernière risque de s’alourdir davantage.

 

 

La dette d’EDF s’envole


Aux milliards du grand carénage s’ajoutent ceux des chantiers emblématiques d’EDF : l’EPR et le site Cigéo.

 

① L’EPR de Flamanville : la facture va tripler

EDF construit en France à Flamanville (mais aussi à l’étranger) des réacteurs nouvelle génération utilisant une technologie révolutionnaire : le réacteur pressurisé européen (EPR).

Mais le chantier a accumulé des malfaçons, mettant en péril l’intégrité de la cuve du réacteur, ainsi que des retards.

Le montant de la facture est astronomique :

Le chantier a déjà 7 ans de retard, n’est toujours pas fini et a coûté 10,9 milliards d’euros.

Il devait durer au départ de 2007 à 2012 pour un coût total de 3,5 milliards d’euros.

 

Crédit photo : EDF

 

② Cigéo : l’État a-t-il encore sous-estimé le coût du chantier ?

Cigéo est le nom donné au site d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux, ceux dits « à vie longue » (ils sont radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années).

Les déchets seront enterrés à 500 mètres de profondeur dans le sous-sol argileux de la commune de Bure (Meuse).

Autant dire que c’est un projet ultra-sensible suscitant beaucoup d’inquiétudes.

En effet, l’enfouissement est irréversible.

Il sera par conséquent impossible d’intervenir en cas de problème (colis radioactif se déversant dans le sous-sol, défaut de ventilation entraînant un risque d’explosion, risque d’inondation, d’incendie ou même de séisme inattendu).

Pour l’État, EDF doit budgéter 25 milliards d’euros pour mener à bien le chantier.

Mais selon l’Agence nationale du traitement des déchets radioactifs (l’Andra), il faudra qu’EDF débourse 34 milliards d’euros au bas mot.

 

Une nouvelle dose d’incertitude plane sur la capacité d’EDF à amortir de tels chantiers.

En revanche, la certitude que le consommateur paiera la facture se renforce.

 

 

Marché de gros : les prix repartent à la hausse


Les fournisseurs alternatifs ont l’assurance grâce au dispositif d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh, nous reviendrons dessus un peu plus bas) de pouvoir acheter leur quota d’électricité issue du nucléaire à EDF pour un prix déterminé, et ce à tout moment.

Il était fixé à 42 €/MWh jusqu’en 2018.

Avant cette date, pas de problème : le prix du MWh sur le marché de gros était inférieur à 42 €.

Les fournisseurs alternatifs achetaient donc leur électricité sur le marché plutôt qu’à EDF.

Mais début 2018, les prix de l’électricité sur les marchés s’envolent pour atteindre 58 €/MWh.

Résultat ?

Les fournisseurs alternatifs épuisent leurs quotas auprès d’EDF et achètent le complément d’électricité au prix fort sur le marché de gros, faisant exploser leurs coûts.

Cette situation est difficilement tenable sans augmenter le prix de vente aux consommateurs.

Mais si les fournisseurs alternatifs augmentent leur prix au-delà du tarif réglementé fixé par l’État, leurs abonnés retourneront vers le fournisseur historique EDF.

Bref : le prix facturé aux consommateurs doit augmenter pour permettre non seulement aux fournisseurs alternatifs de survivre, mais surtout à EDF de garder la tête hors de l’eau et ne pas sombrer sous le poids de ses dettes.

 

hausse prix électricité marché de gros

 

Malheureusement, ce n’est pas tout.

La hausse des prix de gros risque de se poursuivre pour deux raisons :

  • Le prix des quotas d’émission de CO2 a brutalement décollé, pesant très fortement sur les coûts de production des énergéticiens européens ayant recours aux énergies fossiles pour produire de l’électricité (ils sont encore une majorité) ;
  • Les efforts croissants de plusieurs pays pour sortir du nucléaire se sont traduits par la fermeture de réacteurs, entraînant des tensions à la hausse sur le marché (plus de demande, moins d’offre, et un report vers des modes de production qui émettent plus de CO2).

 

Vous l’aurez compris, c’est encore une source d’augmentation du montant de votre facture d’électricité qui se profile.

 

 

Bruxelles fait pression à la hausse des prix


Il est couramment admis que les coûts de production du nucléaire français sont plus faibles qu’avec d’autres modes de production comme les centrales à charbon ou au gaz.

En réalité, ce n’est pas vrai. La méthode retenue de calcul du coût réel de l’électricité issue du nucléaire est très discutable.

Selon cette méthode de calcul, le tarif réglementé fixé par l’État (sur lequel sont indexés les prix de quasiment tous les fournisseurs) semble donc plutôt bon marché au regard des prix pratiqués dans le reste de l’Europe.

 

hausse prix électricité pour les particuliers en 2018

 

Conséquence : du fait de notre recours massif à l’atome, Bruxelles considère que la France a bénéficié d’un avantage compétitif contraire aux règles communautaires en matière de concurrence.

Autrement dit, le prix auquel nous consommons notre électricité est relativement plus faible que chez nos voisins européens.

Bruxelles estime donc que le tarif réglementé français est trop bas et entrave la concurrence.

Il dissuaderait de potentiels nouveaux entrants qui vendraient à perte s’ils entraient sur le marché.

 

Résultat :

À terme, les autorités européennes ont sommé la France de supprimer complètement tout contrôle sur les prix de l’électricité.

 

Concrètement, ça veut dire quoi pour vous ?

Simplement que c’est une raison supplémentaire de s’attendre à une hausse du prix de l’électricité en France.

 

 

CHAPITRE 3 :

Mieux comprendre sa facture d’électricité

 

Comprendre ce qui figure sur sa facture d’électricité peut être un véritable casse-tête.

Il est temps d’y remédier et de saisir ce que l’on paie vraiment.

Attention, c’est parti.

 

1/ Les coûts pour la fourniture d’électricité


Il s’agit des coûts facturés par le fournisseur pour la production et la vente de l’électricité que vous consommez.

Ne cherchez pas sur votre facture la ligne « coûts pour la fourniture d’électricité », elle n’existe pas.

En fait, ils correspondent simplement au prix de votre abonnement et du kilowatt-heure hors-taxe.

Ils dépendent de la puissance de votre installation électrique, de votre profil de consommation (particulier ou professionnel) et évidemment de votre fournisseur.

Pour les particuliers, la puissance du compteur électrique est généralement comprise entre 3 kVA et 36 kVA.

Pour cette puissance, il existe trois tarifs : Base, heures pleines-heures creuses et Tempo.

  • En Base : le prix de votre électricité reste le même tout au long de la journée. Cela dit, il varie en fonction de la puissance de votre compteur, tout comme le coût de votre abonnement ;
  • En heures pleines-heures creuses : le prix de l’électricité est intéressant 8 heures par jour. Le reste du temps, vous payez votre kWh plus cher. Ici, seul le prix de l’abonnement varie en fonction de la puissance de votre compteur. Attention, les plages horaires peuvent varier d’une commune à l’autre ;
  • En Tempo : votre kWh n’a pas 1, pas 2 mais 6 prix différents au fil de l’année grâce à un ingénieux système de périodes (rouges, blanches et bleues) et d’heures pleines-heures creuses.

En plus de cela, vous avez également la possibilité d’acheter votre électricité à deux prix différents : le prix réglementé ou le prix de marché.

Rassurez-vous, les fournisseurs alternatifs (par opposition au fournisseur historique, ce sont les nouveaux venus sur le marché après l’ouverture et la fin du monopole d’EDF) indexent généralement leur prix sur le tarif réglementé afin de ne pas complexifier l’offre.

 

distribution d'électricité ligne haute tension RTE

 

 

2/ Les coûts pour l’acheminement de l’électricité


Ce sont les coûts facturés pour le transport et la distribution de l’électricité que vous consommez.

Cherchez sur votre facture la mention TURPE (pour tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité).

Bingo !  Vous avez trouvé le montant que vous payez pour l’acheminement de l’électricité.

Il permet aux gestionnaires de faire fonctionner, d’entretenir et de développer le réseau électrique français.

Qu’est-ce qui se cache derrière ce nom ?

Le TURPE finance l’enfouissement des lignes électriques, l’élagage des arbres en bordure de lignes, la protection du réseau face aux aléas climatiques, le déploiement du compteur Linky chez 35 millions de foyers, le raccordement des énergies renouvelables au réseau, etc.

Bref, il est absolument vital pour que vous puissiez consommer votre électricité partout, tout le temps et en toute sécurité.

Le TURPE est facturé directement par le fournisseur, qui le reversera ensuite aux gestionnaires de réseau de transport (RTE) et de distribution de l’électricité (ENEDIS et les Entreprises Locales de Distribution appelées ELD).

Il est réévalué tous les ans par la fameuse Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) pour prendre en compte l’inflation et d’autres données.

À l’heure actuelle, c’est le TURPE 5 de 2017 qui figure sur vos factures.

Son montant varie en fonction de la puissance de votre compteur électrique, calculée en kVa.

En définitive, les coûts d’acheminement représentent 31 % du montant de votre facture d’électricité en 2018.

 

La CRE, c’est quoi ? 

Oser panneau solaire pas cher discount gratuitLa Commission de régulation de l’énergie est le « gendarme de l’énergie ».

Indépendante, elle existe depuis 2000 et a pour mission de réguler les marchés de l’énergie (électricité et gaz), notamment en fixant le calendrier des hausses des prix.

 

 

 

3/ Les taxes et contributions


Elles sont définies par l’État et donc identiques d’un fournisseur à l’autre.

Pour rappel, l’électricité est un des produits les plus taxés en France.

Pas étonnant qu’à elles seules, les taxes représentent 35 % de votre facture d’électricité en 2018 !

Elles sont au nombre de 4 et permettent de financer beaucoup de choses :

  • La CSPE (Contribution au service public de l’électricité) : elle sert à financer un certain nombre de services publics dont le plus important est l’obligation d’achat d’énergie verte par EDF ;
  • Les TCFE (Taxes sur la consommation finale de l’électricité) : elles sont versées aux communes et aux départements et varient donc en fonction de votre localisation ;
  • La CTA (Contribution tarifaire d’acheminement) : finance la retraite des personnels des industries électriques et gazières ;
  • La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) : à taux réduit (5,5 %) sur votre abonnement et sur la CTA, à taux normal (20 %) sur le reste de votre facture.

 

 

 

CHAPITRE 4 :

Comment est calculé le prix du kWh que vous consommez ?

 

Je ne sais pas vous, mais je n’ai jamais vraiment cherché à comprendre ce qui figure sur ma facture d’électricité.

Il est temps d’y remédier et de comprendre ce que l’on paie vraiment.

Attention, c’est parti.

 

Comment les fournisseurs déterminent-ils le prix du kWh ?


Comparer les prix du kilowatt-heure entre les différents fournisseurs, c’est un peu comme comparer les prix au kilo sur les étiquettes en supermarché.

Vous ne le voyez pas quand vous passez à la caisse, mais c’est bien lui qui détermine ce que vous payez.

En France, il y a de plus en plus de fournisseurs alternatifs qui concurrencent EDF et sont aujourd’hui au nombre de 26.

Il peut donc être difficile de s’y retrouver parmi toutes les offres.

 

En fait, c’est assez simple.

Avec le prix de l’abonnement, le seul paramètre qui va véritablement faire la différence pour vous, c’est le prix du kilowatt-heure (hors-taxe).

Rappelez-vous : les fournisseurs n’ont pas la main sur les coûts d’acheminement et encore moins sur les taxes.

Le prix du kWh est donc le seul levier sur lequel les fournisseurs d’électricité peuvent jouer.

Si la différence se chiffre en centimes, elle n’est pas anecdotique.

Pour les grosses factures d’électricité, elle est même très importante.

Par exemple, si vous consommez 20 000 kWh à l’année, vous paierez :

  • 2 568 € HT si le prix du kWh est à 0,1284 €
  • 3 020 € HT si le prix du kWh est à 0,1510 €

Soit 500 € en plus sur votre facture pour une différence d’à peine plus de 2 centimes d’euro !

 

En théorie, les fournisseurs sont libres de fixer le prix du kWh comme ils souhaitent et quand ils veulent.

Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué.

Vous avez probablement remarqué que les différents tarifs pratiqués évoluent dans un mouchoir de poche.

Pourquoi des fournisseurs qui auraient toute latitude pour fixer leur prix proposent-ils des tarifs aussi semblables ?

Tout simplement car ils sont obligés à s’aligner sur le tarif réglementé de vente d’EDF.

 

 

L’État fixe le tarif, les fournisseurs suivent


Le tarif réglementé d’EDF est fixé par la CRE sur proposition des ministères de l’économie et de l’énergie.

Vous êtes 26 millions en France à avoir directement souscrit à ce tarif réglementé, que vous connaissez mieux sous le nom de tarif bleu.

Mais pourquoi est-il si important ?

La réponse est simple :

EDF est responsable à lui seul de 90 % de la production d’électricité en France.

Or la grande majorité des fournisseurs alternatifs ne disposent pas de leurs propres capacités de production, ils doivent donc d’abord acheter l’électricité qu’ils vendent ensuite aux consommateurs !

Pas vraiment le choix : ils achètent donc à EDF.

Le tarif d’achat à EDF influera donc directement leur marge et le prix qu’ils proposeront aux particuliers comme vous et moi !

 

 

Une dépendance au coût du nucléaire


Nous venons de voir qu’EDF produit l’écrasante majorité de l’électricité française.

Or 78 % de cette électricité provient de ses 58 réacteurs nucléaires en activité.

Automatiquement, le prix du tarif réglementé est donc très dépendant du coût de production de l’électricité issue du nucléaire.

Logique, me direz-vous.

 

production électricité nucléaire EDF

 

Ces coûts de production de l’électricité issue du nucléaire sont calculés par l’État et définis par l’Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh).

Qu’est-ce qui se cache derrière ce nom barbare ?

Parce que l’État juge l’électricité nucléaire relativement bon marché, il a décidé d’obliger EDF à vendre aux fournisseurs alternatifs jusqu’à 25 % de sa production nucléaire à un tarif reflétant ses coûts de production.

Pour le moment, il est fixé à 42 €/MWh, mais accuse plusieurs hausses successives.

Les fournisseurs alternatifs ont donc le choix :

  • Acheter leur électricité sur le marché de gros à un prix fluctuant tous les jours

OU

  • Acheter leur électricité à EDF au prix fixe de l’Arenh

 

Vous l’aurez compris, ils vont comparer et acheter au prix le plus bas parmi les deux options.

 

 

CHAPITRE 5 :

Agir contre la hausse des prix en finançant son indépendance énergétique

 

Pour agir contre la hausse du prix de l’électricité, vous pouvez d’abord prendre quelques habitudes faciles à mettre en place :

  • Acheter des appareils électroménagers classés A+++, moins énergivores
  • Utiliser les programmes « éco » de vos lave-linges, lave-vaisselles ou sèche-linges
  • Changer vos ampoules classiques pour des LED
  • Éteindre vos multiprises lorsque vous ne les utilisez plus
  • Ne pas laisser vos appareils en mode veille

Même si c’est un bon début, ces quelques astuces ne vous permettront pas d’obtenir des résultats significatifs sur votre facture.

Une solution plus efficace consiste à produire votre propre électricité.

Il suffira d’installer des panneaux photovoltaïques sur votre toit et profiter des aides de l’État pour vous encourager à sauter le pas.

On vous explique tout.

 

 

L’autoconsommation photovoltaïque


Lorsque vous investissez dans des panneaux photovoltaïques, deux choix s’offrent à vous :

  • L’autoconsommation avec vente du surplus: vous produisez votre électricité verte d’abord pour la consommer. Le surplus non consommé est revendu à EDF
  • La vente totale: la totalité de la production de vos panneaux solaires est revendue à EDF

Vous l’aurez compris, nous allons vous parler dans cet article de la première option : l’autoconsommation avec vente du surplus.

Pourquoi ?

Tout simplement car c’est elle qui vous permettra de réduire le montant de votre facture d’électricité jusqu’à 45 %.

Comment ?

C’est assez simple.

Vos panneaux solaires produisent de l’électricité en réagissant avec les rayons du soleil et alimentent directement votre logement.

A un instant t, il se peut qu’il y ait une différence entre la quantité d’électricité que vous produisez et celle que vous consommez : on appelle cette différence le « surplus ».

C’est souvent le cas au plus fort de l’ensoleillement (13h) si vous n’êtes pas chez vous et consommez donc peu d’électricité.

Ce surplus est revendu à EDF Obligation d’Achat (EDF OA) à un montant défini par l’État, garanti et fixe pendant 20 ans à compter de la signature du contrat avec EDF OA.

Il s’élève aujourd’hui à 0,10 € par kWh.

 

autoconsommation photovoltaïque panneau solaire

 

Vous produisez donc à la fois votre propre électricité, et celle que vous ne consommez pas n’est pas perdue.

Elle est revendue à EDF OA, qui va l’injecter dans le réseau de votre voisinage.

Vous devenez donc en quelque sorte le producteur d’énergie verte de votre quartier.

 

 

Profitez des aides de l’État tant qu’elles existent


Il y a de nombreuses aides de l’État pour vous encourager à poser des panneaux solaires.

Mais précisons dès maintenant que le « crédit d’impôts » pour le photovoltaïque, parfois avancé par des démarcheurs peu scrupuleux, n’existe plus depuis 2014.

Mais tout n’est pas perdu !

Il a été remplacé par une « prime à l’autoconsommation ».

Voici donc les aides auxquelles vous avez le droit en choisissant l’autoconsommation avec vente du surplus :

 

① La Prime à l’Autoconsommation : une aide importante pour vos travaux

Cette prime est calculée en fonction du nombre de kilowatt-crêtes installés.

Nous avons récapitulé pour vous le montant de cette prime dans un tableau :

 

Tableau récapitulatif aide installation panneau photovoltaïque autoconsommation avec vente du surplus 2019

 

Elle est versée tous les ans pendant 5 ans à partir de la date anniversaire de la mise en service de vos panneaux solaires.

Par exemple :

Votre installation solaire fait 3 kWc ? Vous toucherez une prime pour un montant total de 1 200 €.

Elle sera versée en 5 annuités de 240 €.

Tout simplement.

 

② Le tarif de rachat subventionné : un complément de revenus

Souvenez-vous, vous pouvez revendre l’électricité que vous ne consommez pas à EDF OA à un prix garanti et fixe pendant 20 ans.

Ce prix est déterminé par l’État et constitue donc une subvention pour bonifier votre production électrique.

Il est aujourd’hui de 0,10 €/kWh.

Il s’agit d’un réel coup de pouce pour tous les producteurs d’électricité photovoltaïque en autoconsommation !

 

Mais ces aides ne sont pas gravées dans le marbre !

Elles font partie des efforts consentis par les gouvernements successifs pour s’engager dans la transition énergétique.

La loi de transition énergétique fixe comme objectif de porter la part des énergies renouvelables à 32 % dans le mix énergétique français d’ici à 2030.

 

transition énergétique énergie renouvelables 2019

 

C’est bien pour inciter les Français à produire et consommer leur propre électricité issue du photovoltaïque que l’État a mis en place ces aides.

Mais elles n’ont qu’un temps.

À mesure que les Français vont s’équiper de panneaux solaires et que le prix des technologies va baisser, le gouvernement considérera tôt ou tard que les incitations à investir dans le solaire sont suffisantes et supprimera les aides.

D’ailleurs, la loi prévoit un plafond maximum trimestriel d’installations photovoltaïques exprimé en kWc.

Si celui-ci est dépassé, les primes baissent d’un coefficient prédéfini.

Donc, plus vous êtes nombreux à faire installer des panneaux solaires, plus les aides ont des chances de baisser.

 

Pas de doute : il faut donc en profiter maintenant !

 

 

Réduisez votre facture d’électricité jusqu’à 45 %


Concrètement, vous pouvez réduire jusqu’à 45 % votre facture d’électricité, sans batterie.

Mais comment ?

C’est très simple : il va falloir modifier un peu vos habitudes de consommation.

Le but du jeu sera de consommer votre électricité au moment où elle est produite par vos panneaux solaires.

Vous pourrez par exemple lancer vos différents appareils électroménagers en départ différé le matin avant de partir au travail.

En effet, il est plus intéressant pour vous de consommer l’électricité produite par vos panneaux plutôt que de revendre un éventuel surplus.

Pourquoi ?

Car en calculant le coût de revient de votre kWh produit par vos panneaux solaires et effectivement consommé, on se rend compte qu’il est plus intéressant que les 0,10 € auxquels vous revendez le surplus.

 

réduction facture électricité 45% 2019

 

Prenons un cas concret :

Vous habitez une maison de plain-pied dans le Puy-de-Dôme avec une surface de toit disponible de 40m².

Vous avez opté pour un forfait heures pleines (HP) / heures creuses (HC) avec les prix suivants :

  • HP : 1 579 € par kWh
  • HC : 1 228 € par kWh

Votre facture annuelle s’élève à 1 900 €.

Dans ce cas, une installation de 6 kWc est recommandée. Elle vous permettra de produire 136 000 kWh sur 25 ans.

Elle coûtera dans notre réseau In Sun We Trust autour de 13 500 €, auxquels il faut déduire la prime à l’autoconsommation de 1 800 € (6 x 300).

Si nous imaginons que l’électricité que vous produisez est entièrement consommée, elle vous « coûtera » (13 500 – 1 800) / 136 000 = 0,086 €/kWh.

 

C’est le meilleur prix auquel vous pouvez consommer votre électricité, largement inférieur aux 0,15 €, prix facturé par la plupart des fournisseurs.

 

Maintenant, c’est à vous !


Voilà, vous savez désormais pourquoi votre facture d’électricité va très fortement augmenter.

J’espère que vous avez trouvé cet article intéressant.

J’aimerais maintenant vous laisser la parole :

Saviez-vous que le prix de votre kWh était si lourdement taxé ?

Étiez-vous au courant du montant réel faramineux du grand carénage initié par EDF ?

Comptez-vous installer des panneaux solaires chez vous ?

Faites-le moi savoir en réagissant juste en-dessous !