Riche de plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, contre 2 110 heures en moyenne pour la France, le Maroc se positionne en pionnier de l’énergie solaire sur le continent africain. Preuve en est, le Royaume a entamé la construction de la dernière unité du projet multi-technologique Noor.

 

Située à 20 km de Ouarzazate, la quatrième et dernière  unité (Noor IV) sera mise en service pour le premier trimestre 2018, pour une capacité de production de 72 mégawatts (MW). Détrôné de son titre de « plus grand parc solaire du monde » par le méga projet indien situé à Kamuthi, que vous avez pu découvrir dans un précédent article, le parc solaire de Noor conserve cependant une belle seconde place.

Les deux premières unités, Noor I et II, totalisent une puissance de 360MW. Elles utilisent une technologie thermodynamique à concentration.

 

De quoi s’agit-il précisément ? Les systèmes thermodynamique à concentration, ou CSP se composent de miroirs cylindro-paraboliques qui s’orientent vers les rayons du soleil. Ces rayons viennent par la suite chauffer un fluide de 250°C à 1 000°C. Une fois ce fluide à bonne température, il peut être utilisé dans des processus industriels, ou bien générer de l’électricité.

Une fois achevé, ce méga projet s’étendra sur 800 hectares. Il permettra de générer de l’électricité pour plus d’un million de foyers !

 

Les ambitions marocaines

Le complexe solaire s’inscrit dans la volonté du gouvernement marocain de porter à 42% les énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2020. Concrètement, cela veut dire 2 GW de capacité additionnelle hydraulique, 2 GW de solaire et autant d’éolien.

Les enjeux sont simples : réduire la dépendance aux importations, qui représentent 94 % des combustibles fossiles consommés au Maroc, et diminuer les émissions des gaz à effet de serre. Selon les estimations de Climate Investment Funds, l’unité Noor IV permettra de réduire les émissions de carbone à hauteur de 760.000 tonnes par an, soit 17,5 millions de tonnes en 25 ans.

Le Maroc a pu présenter ces ambitions à la communauté internationale lors de la 22ème Conférence des Parties (COP 22), qui s’est déroulée à Marrakech fin 2016. Pays hôte de ces négociations, le Royaume a reçu une reconnaissance internationale forte pour les efforts réalisés. En effet, selon Climate Action Tracker, le Maroc est un “élève modèle” dans la transition énergétique et dans la lutte contre le changement climatique.


Unité solaire thermodynamique à concentration Noor I.

Quel prix pour cette électricité verte ?

Comme expliqué précédemment, le Maroc a commencé sur la voie du solaire via les systèmes thermodynamique à concentration, qui génèrent de l’électricité à un coût supérieur à celui du solaire photovoltaïque.  Selon le directeur général de l’IRESEN, l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Énergies Nouvelles, le kWh provenant du CSP tourne autour de 1,45 dirham, contre 80 centimes de dirham pour le photovoltaïque. Avec le lancement de la 4ème unité photovoltaïque, nous pouvons  voir  un changement de cap de la part du gouvernement dans l’utilisation des technologies.

En effet, d’après un rapport produit par Eclareon, le prix de l’électricité photovoltaïque serait proche de la parité réseau au Maroc. Il serait « seulement » 14% plus élevé que le prix moyen sur le marché électrique marocain. Et ce, alors que les premiers parcs photovoltaïques sont encore en construction ; le marché solaire marocain n’est pas encore arrivé à maturité.

Comment expliquer, alors, de tels résultats ? Il s’agit pour l’essentiel de deux facteurs-clés, soulignés dans le rapport d’Eclareon : une irradiation solaire favorable, et un coût élevé de l’électricité conventionnelle.

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100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 ?

Selon une étude de l’Université de Stanford réalisée en septembre 2016, le Maroc pourrait atteindre 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050,  avec une part du solaire qui s’approcherait des 65%.

Augmenter la part des énergies renouvelables signifie réduire celle des hydrocarbures. Cela entraîne une réduction de la pollution, ainsi que les dangers sur la santé de la population marocaine.Toujours selon l’Université de Stanford, cette réduction permettrait au Royaume d’économiser plus de 423 milliards de dirhams (40 milliards d’euros) de frais de santé provoqués par la pollution de l’air.

 

Une dynamique africaine pour l’énergie solaire

Le Maroc n’est pas un cas isolé en Afrique, en témoignent les projets de parcs solaires qui ont récemment vu le jour au Burkina Faso ou encore au Sénégal. Cet engouement pour l’énergie solaire est confirmé dans le rapport « Le solaire PV en Afrique : coûts et marchés » de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA) paru en septembre 2016. Un exemple parmi d’autres de cette dynamique : Nano PV Global, un constructeur américain, a fait naître une unité de production de panneaux solaires à Tanger. Le potentiel d’ensoleillement ainsi que la baisse des coûts des installations photovoltaïques laissent présager de beaux jours pour l’énergie solaire.

 

Source : IRENA

 

Toujours selon l’IRENA, l’Afrique pourrait disposer de plus de 70GW de solaire photovoltaïque à l’horizon 2030, un large potentiel à exploiter. Cela permettrait ainsi à des millions d’Africains d’accéder à l’électricité. Car, en dépit des alternatives innovantes et de nouveaux chantiers, rappelons que 600 millions d’entre eux n’y ont toujours pas accès.

D’où l’intérêt, en complément aux grands projets ambitieux comme Noor, de développer des solutions rapidement déployables auprès de la population. A l’image de ces kits solaires prépayés dont nous vous parlions dans un précédent post !

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