Désir d’autosuffisance ? Méfiance envers le mécanisme d’obligation d’achat mis en place par l’Etat ? Méconnaissance des coûts ? L’autoconsommation d’électricité photovoltaïque est en tout cas plébiscitée par les Français, même si elle est rarement la meilleure option économique. En attendant la nouvelle réglementation sur le sujet, qui devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines, voici quelques éléments pour vous aider à démêler le vrai du faux.

L’autoconsommation photovoltaïque, c’est quoi ?

Aujourd’hui en France, si vous installez des panneaux solaires photovoltaïques, vous pouvez signer un contrat d’achat encadré par l’État. EDF est, pour le moment, le seul à en réaliser. Par ce contrat, le fournisseur d’électricité s’engage à acheter pendant 20 ans l’électricité produite par votre système, à un prix fixé au début du contrat selon la tarification en vigueur. Ce prix ne bougera pas, hormis la prise en compte de l’inflation.

Dans une large majorité de cas, c’est l’option de la vente d’électricité qui est choisi par les Français. Néanmoins, il peut arriver que l’on souhaite se passer de l’obligation d’achat, et ainsi consommer sa propre électricité solaire : on parlera alors d’autoconsommation. L’énergie générée non consommée sur place sera gratuitement injectée sur le réseau, ou tout simplement perdue si le site est isolé.

L'autoconsommation s'impose pour lui, mais pas forcément pour vous !
L’autoconsommation s’impose pour lui, mais pas forcément pour vous

Il faut savoir que sans un gros système de stockage, il est très difficile voire impossible de consommer sur place 100 % de l’électricité produite. En effet, vos besoins en électricité ne correspondent pas forcément aux moments où les panneaux solaires ont tendance à produire le plus. Ce ne serait quand même pas très pratique d’attendre à chaque fois midi – l’heure où le soleil brille de mille feux – pour pouvoir laver son linge   🙂

Résultat, la moyenne d’autoconsommation se situe autour de 20 % seulement. Bien sûr, vous pouvez essayer de faire grimper ce taux en ajustant votre consommation (par exemple programmer votre machine à laver pour qu’elle se déclenche l’après-midi), ou en vous équipant d’un système de stockage domestique comme le Powerwall de Tesla. Une autre option, de plus en plus populaire, consiste à vendre l’électricité que l’on n’a pas pu consommer soi-même : c’est ce que l’on appelle la « vente de surplus ».

En tout cas, d’un point de vue strictement économique, il reste plus intéressant de vendre toute sa production. Du moins pour l’instant !

Découvrez si l’autoconsommation est faite pour vous

Notre conseil : vendre son électricité aujourd’hui…

Aujourd’hui, l’équation est assez limpide : tant que le tarif d’achat du solaire photovoltaïque est supérieur au prix moyen de l’électricité vendu par votre fournisseur, vous êtes incités à tout vendre ! En l’occurrence, le tarif d’achat actuel est légèrement supérieur à 24 centimes du kWh produit, tandis qu’EDF facture son électricité à 14.62c€/kWh (tarif bleu applicable au 1er août 2016) centimes du kWh consommé.

Ajoutons à cela que le contrat d’achat est l’un des contrats les plus sûrs qui existent. Bien peu d’entre eux peuvent se targuer d’avoir un mode de rémunération inscrit dans la loi. Et si vous êtes du genre « phobiques administratifs », pas de panique : un bon installateur vous accompagne à toutes les étapes, dont celle-ci. C’est tout l’intérêt de faire appel à des pros qui connaissent leur métier et qui le font honnêtement ! Si l’installateur est compétent, le contrat d’achat n’est qu’une formalité qui ne devrait pas vous prendre plus de 5 minutes.

Découvrez combien le solaire peut vous rapporter avec la vente totale

… autoconsommer demain ?

L’autoconsommation va devenir, dans les prochaines années, la solution de référence. Voici pourquoi : le tarif d’achat initial, fixé avant signature du contrat, est régulièrement revu à la baisse par l’Etat afin de suivre la chute du prix des installations d’énergie solaires. Une chute qui s’explique par les progrès technologiques, mais aussi par les gains de productivité, et qui permettra tôt ou tard au solaire de se passer de subventions.

Sources : Eurostat / Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer. NB : les prix de l'électricité en 2016 ont été déduits par extrapolation.
Sources : Eurostat / Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer. NB : les prix de l’électricité en 2016 ont été déduits par extrapolation.

Si les tarifs d’achat continuent à baisser, que le coût de l’électricité produite par EDF augmente, et que les systèmes de stockage se démocratisent… l’autoconsommation du photovoltaïque pourrait devenir une option réellement avantageuse dans quelques temps.

Néanmoins, il serait vraiment dommage d’attendre une hausse massive des prix de l’électricité pour passer à l’énergie solaire. Si elle se produit, ce ne sera vraisemblablement pas avant 10 ou 15 ans. Alors qu’en optant dès aujourd’hui pour un schéma de vente totale ou partielle, vous pouvez faire de votre toiture un actif qui accélère la transition vers les énergies renouvelables tout en en constituant un excellent placement financier.

Bien sûr, la rentabilité n’est pas tout. Dès aujourd’hui, certains d’entre vous pourraient vouloir autoconsommer en totalité afin de renforcer leur autonomie énergétique. Afin de répondre à ces attentes, nous allons d’ailleurs ajouter une fonction « autoconsommation d’électricité » à notre simulateur d’ici quelques mois. D’ici là, permettez-nous de rappeler deux points importants.

D’une part, les installations photovoltaïques en autoconsommation « totale » (sans vente de surplus) sont en général plus petites. En effet, vous vous engagez à ne rien injecter sur le réseau d’électricité. Même sur une belle toiture de 80m2 plein Sud, vous devrez en général vous contenter d’une demi-douzaine de panneaux solaires. Autant d’espace qui ne sera pas utilisé au profit de la transition énergétique !

D’autre part, sachez que même dans un schéma de vente d’électricité photovoltaïque, vous utiliserez forcément une partie de l’énergie produite par vos panneaux solaires. Eh oui, les électrons sont du genre « très flemmards » : ils choisissent toujours de se déplacer vers le point d’utilisation le plus proche. Donc, si vous consommez lorsque le soleil brille, ils s’empresseront d’aller alimenter quelques-unes de vos installations électriques avant de continuer leur route vers le réseau. 🙂

Des questions sur l’autoconsommation ? Contactez-nous sur le site ou en commentant cet article ! Et rendez-vous dans quelques semaines pour un décryptage de la nouvelle réglementation.