L’aérovoltaïque permet de combiner les deux principales utilisations du solaire : le photovoltaïque, pour la production d’électricité ; et le thermique, pour la production de chaleur. Technologie récente, bénéficiant encore de conditions fiscales avantageuses, l’aérovoltaïque a des atouts mais n’est pas la « solution miracle » que l’on prétend parfois. 

Avec sa belle couleur bleu profond qui lui confère un albédo très faible, un panneau solaire photovoltaïque est conçu pour attirer le maximum de rayonnement solaire. Cependant, il ne peut pas convertir toute cette énergie en électricité, notamment à cause de ce que l’on appelle l' »effet joule ». Résultat : le panneau va naturellement grimper en température. Alors, pourquoi ne pas récupérer cette chaleur pour chauffer l’intérieur d’une maison ?

Des panneaux aérovoltaïques, vus du côté "pile"
        Des panneaux aérovoltaïques, vus du côté « pile »

C’est justement le principe de l’aérovoltaïque. La face exposée au soleil s’apparente à un panneau photovoltaïque classique ; la face intérieure, elle, peut générer de l’air chaud, mais aussi de la climatisation nocturne en été et contribuer à assainir l’air intérieur. Il existe également des panneaux solaires dits « hybrides à eau » (comme ceux fabriqués par la société française Dualsun), qui sont eux aussi à double emploi, mais utilisent la circulation de l’eau plutôt que celle de l’air.

Une installation hybride a un autre avantage : puisqu’elle met à profit la chaleur qui s’accumule naturellement à l’intérieur du panneau solaire, elle évite la surchauffe (jusqu’à 15 ou 20°C en moins) et permet ainsi une production d’électricité plus efficace. On estime entre 5 et 10 % le gain de rendement effectué grâce au bon refroidissement du système.

Les panneaux solaires hybrides, un produit miracle ?

En théorie, l’aérovoltaïque et l’hybride à eau ont donc tout pour plaire. Double utilité, production accrue d’électricité… et en bonus, un crédit d’impôt de 30 % qui a été prolongé par le gouvernement fin 2015. Conséquence prévisible : les installateurs le recommandent de plus en plus souvent à leurs clients, sur la base d’argumentaires commerciaux plus ou moins réalistes. Face au photovoltaïque présenté désormais comme « non rentable » (voir ici pourquoi c’est faux), l’aérovoltaïque et l’hybride à eau font figure de nouvel Eldorado.

La réalité est que ces technologies sont encore jeunes, contrairement au photovoltaïque qui est une solution éprouvée depuis plusieurs décennies. Les retours d’expérience sont encore rares, et pas tous enthousiastes : il arrive que les économies de chauffage promises ne soient pas au rendez-vous. Notons enfin qu’avec un contexte fiscal favorable, ces panneaux solaires « nouvelle génération » sont parfois vendus beaucoup trop chers. Pourtant, le crédit d’impôt a été plafonné à 1 200 euros par système ! Pas de quoi bouleverser la donne, mais simplement adoucir un peu la facture, qui doit osciller entre 15 000 et 18 000 euros TTC pour un 3 kWc (une douzaine de panneaux solaires).

Nos conseils (voir cette excellente note de Photovoltaique.info pour en savoir plus à ce sujet) : vérifiez qu’un système de chauffage et ventilation d’appoint s’impose vraiment chez vous, et s’il ne peut pas être assuré plus simplement par une double installation photovoltaïque + thermique ; faites plusieurs demandes de devis, en vérifiant que le matériel a les garanties nécessaires ; et surtout, surtout, ne vous faites pas avoir par les belles promesses des prospecteurs téléphoniques !